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le dernier jugement de Dieu

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default le dernier jugement de Dieu

Message par Invité le Jeu 26 Fév - 17:33

J'aimerais vous soumettre une énigme historique dans la belle région de Normandie :

Paris, le 29 décembre 1386

Les acteurs : deux chevaliers

Jacques Le Gris est accusé par la femme de Jean de Carrouges de s'être introduit, de nuit, dans son château, le visage masqué, et de l’avoir violée. Jean de Carrouges, son époux, était parti pour les croisades ou en voyage selon les versions.

Malgré son masque, la femme l’a reconnu et donc l’accuse.

Jacques Le Gris nie.

Carrouges demande justice par le jugement de Dieu.

Carrouges gagne le duel et tue Le Gris. On accroche le corps du vaincu à la potence du champ clos.

Quelque temps après, un malfaiteur accusé d’un crime, avoue sous la torture et, dans la foulée, d’autres crimes dont celui reproché à Jacques Le Gris.

Consternation : cette terrible méprise met fin à tout recours au Jugement de Dieu.

Il n’y a plus de descendants de Jean de Carrouges mais les descendants de Jacques Le Gris ont longtemps demandé une réhabilitation de leur ancêtre. Maintenant, il n'y aurait non plus de descendants de Jacques Le Gris

Cette version est la plus répandue de ce jugement de Dieu

Voici les sources (je ne les ai pas toutes mises sinon je cite tous les maîtres d’armes), essentiellement, des manuels de maîtres d’armes et les livres de ceux retraçant les histoires de duels : "Duels" de Martin Monestier - "En garde, du duel à l'escrime" de Pierre Lacaze (maître d'armes et ancien président de l'Académie d'Armes de France)


Petites précisions sur le jugement de Dieu :

Un jugement de Dieu est une épreuve judiciaire où on estime que si elle est surmontée, le vainqueur a obtenu justice de la part de Dieu. Les conséquences pour le vaincu, outre la mort infâmante, atteignent ses biens et la réputation de toute sa famille.

Tous les jugements de Dieu n’étaient pas forcément des duels, ils pouvaient être des ordalies par le feu ou l’eau etc…

Mais, dans tous les jugements de Dieu, l’Eglise est impliquée.

Et si un duel par jugement de Dieu est obligatoirement un duel judiciaire, tous les duels judiciaires ne sont pas pour autant des jugements de Dieu.

Le duel judiciaire exige comme arbitrage un roi ou des témoins mais aucune intervention divine. Bref, c’est comme si on demandait à se faire justice soi-même et que le résultat soit reconnu par les autres. Le duel entre Jarnac et La Chataigneraie est typiquement un duel judiciaire.

Dans tous les jugements de Dieu par duel (je n’ai pas d’information sur les autres formes de jugement de Dieu), le duel n’est que l’étape finale de la demande de procès par combat. Car il y a d’abord un procès, recueil de témoignages, aveux (parfois sous la torture), enquêtes, puis intervention de l’Eglise qui demande à chacun de jurer qu’il est de bonne foi (et donc de se parjurer s’il est coupable).

Saint Augustin a dit " "Pendant le combat, Dieu attend, les cieux ouverts, et il défend la partie qu'il voit avoir raison".

A VOTRE AVIS, QUI EST LE COUPABLE?

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default Re: le dernier jugement de Dieu

Message par Ealia le Jeu 26 Fév - 17:54

J'ai pas trop compris le principe, le malfaiteur a avoué donc c'est lui le coupable ! Il n'y a plus d'énigme du coup !
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default Re: le dernier jugement de Dieu

Message par Invité le Jeu 26 Fév - 18:06

Oui mais un violeur masqué tu y crois?
Et quelqu'un qui avoue sous la torture y compris des crimes qu'on ne lui a pas demandé.
C'est comme le templier qui avait dit "j'avouerai tout, même que j'ai tué Dieu"

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default Re: le dernier jugement de Dieu

Message par Ealia le Jeu 26 Fév - 18:22

Oui vu comme ça ! Tu vendrais ton âme au diable pour stopper les tortures. Du coup je pense que la femme n'a jamais été violée, elle a inventé tout ça car soit elle a fait des avances à Jacques le Gris qui les a refusées et donc elle se venge en l'accusant de viol, soit elle s'est retrouvée enceinte de son amant et devait "excuser" sa faute.
Moi et mon esprit tordu Very Happy
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default Re: le dernier jugement de Dieu

Message par Invité le Jeu 26 Fév - 18:53

Pas si tordu que ça car tu mets en cause la dame...
En fait, j'ai fait une fiche pour un forum d'histoire. Voici la 2ème version plus longue et autrement plus passionnante :
2ème version, la plus proche de la vérité à ce jour :

3 acteurs : La dame, le chevalier et l'écuyer

Cette version récente met en cause les sources précédentes qui finalement répètent d’un livre à l’autre la même version car ce sont toujours les mêmes qui s’y intéressent : les maîtres d’armes et les passionnés de duel mais point d’historiens. Elle a fait l'objet d'un livre par Eric Jager.

Eric Jager est un universitaire américain. Il est spécialiste de la littérature médiévale et professeur à l’UCLA de Los Angeles dans le département anglais. Pour plus d’informations, cf le site de l’université :http://www.english.ucla.edu/ son livre figure dans les publications de l’université. C’est un professeur cultivé, habitué à faire des recherches même si sa spécialité n’est pas l’histoire et maîtrisant très bien le latin (indispensable pour lire les minutes des procès au Moyen-Age).

Voici le fruit de ses recherches sur 15 ans :

Jean de Carrouges était vassal du comte Pierre d'Alençon, 3ème fils de Charles de Valois, cousin du roi, qui tenait sa cour dans le palais d'Argentan (qui existe encore) et tenait donc à la disposition du roi son armée de chevaliers et d'écuyers.

Il était aussi chambellan du comte Pierre et avait pour collègue un autre chambellan, Le Gris. A l'époque, ils étaient encore tous les 2 écuyers et … très amis. Quand Jean de Carrouges eut 1 fils, Le Gris en fut le parrain.

Le Gris était noble mais son nom n'était pas aussi ancien que celui de Carrouges mais, contrairement à Jean de Carrouges, il était instruit : chef des ordres mineurs, il savait lire et pouvait aider à dire la messe tout en étant marié avec enfants. Il semble avoir été "cavaleur" ce qui n'avait rien d'extraordinaire pour un clerc. Jacques Le Gris était aussi très riche et prêtait de l’argent au comte Pierre qui lui en était très reconnaissant. Le comte lui offrit un vaste domaine ce qui lui valu des jalousies des autres courtisans dont Jean de Carrouges dont la famille était plus ancienne. Grâce au comte, Jacques Le Gris pu fréquenter la cour royale de Paris et devenir de plus en plus riche. Les 2 amis s'éloignèrent peu à peu.

Jean de Carrouges connu le malheur de perdre sa première épouse et son fils (filleul de Jacques Le gris). En 1380, date du couronnement de Charles VI, Jean de Carrouges épouse une jeune et belle héritière, Marguerite. Elle est cependant victime d'un lourd passé familial : elle est la fille de Robert de Thibouville, chevalier ayant trahi deux fois les rois de France bien avant qu'elle naisse. Son nom cependant était encore plus ancien que celui des Carrouges, sa dot importante et son héritage à venir encore plus considérables.

Sa famille avait vendu au comte Pierre le domaine qu'il avait offert à Jacques Le gris. Jean de Carrouges tenta de le récupérer par un procès contre Jacques Le Gris arguant du fait que ce domaine faisait partie de la dot de son épouse. Appuyé par le comte qui fit appel au roi Charles VI, Le Gris gagna le procès. Il avait le bras long et Jean de Carrouges apparaissait comme un homme querelleur et jaloux.

Jean de Carrouges fit aussi un procès au comte Pierre pour ne pas lui avoir léguer le poste de capitaine de Bellême qui appartenait à son père mais c'est le comte qui nommait à ce poste et il avait le droit de ne pas suivre l'usage et Jean de Carrouges perdit encore un procès contre son seigneur.

Le 11 mars 1383, Jean décide d'acheter des terres au chevalier Jean de Vauloger, hélas, situées entre celles du comte Pierre et celles de Le Gris. Après l'achat, le 23 mars 1383, le comte Pierre affirme son droit sur ces terres et exige que Carrouges les lui cède. Carrouges dut céder et le comte lui remboursa la somme versée.

Carrouges, persuadé de devoir sa malchance à Le Gris, ne se privait pas de se plaindre de Jacques Le Gris à la cour d'Argentan. A pourtant seulement 20km de son château, Carrouges décida d'arrêter de fréquenter la cour d'Argentan pendant une année et, lorsqu'il fut appelé en août 1383 au service du comte Pierre, en Flandres, il abandonna au bout de 8 jours les combats, signe qu'il était encore en froid avec son seigneur.

Peut-être, Carrouges s'était-il ouvert à Marguerite en lui faisant part de ses malheurs dus, selon lui, à la mauvaise influence de ce Jacques Le Gris qu'elle n'avait jamais vu...

Fin 1384, Carrouges reçu une invitation d'un vieil ami Jean Crespin au baptême de son fils. Jean et Marguerite se rendirent dans son château et se trouvèrent face à face avec Le Gris également invité. Ne laissant rien paraître de leur querelle connue de tous, les deux écuyers se saluèrent et y mirent fin. Peut-être Carrouges était-il las de cette querelle et Le Gris était-il désireux de faire la paix. Selon la coutume, Jean demanda à Marguerite d'embrasser Le Gris sur la bouche en signe de réconciliation (courant au Moyen-Age).

Le Gris fut-il attiré par la beauté de Marguerite? Si oui, cela commença ce soir là. En revanche, Marguerite, elle, devait garder en mémoire tout ce que lui avait dit son époux sur Le Gris.

En mai 1385, Carrouges rejoignit l'expédition militaire menée par Jean de Vienne qui attira des nobles de la France entière, devant s'allier aux écossais pour dévaster les terres anglaises. Pour cela, le comte de Pierre le libéra de ses obligations militaires peut-être aussi pour avoir la paix avec ce vassal turbulent.

De cette expédition, Carrouges revint sans le sou mais avec un titre qu'il avait gagné vaillamment, celui de chevalier (qu'il n'aurait jamais pu obtenir de son seigneur). Usé par une fièvre contractée durant cette guerre, Carrouges décida d'aller avec Marguerite chez sa mère Nicole de Carrouges, veuve, habitant un château à Capomesnil dans le Calvados.

Ce vieux château était modeste : un rez de chaussée et un étage, un donjon mais ni murailles ni tours pour se protéger. Il n'existe plus mais il devait ressembler à un manoir et n'avoir de château que le nom. Nicole avait peu de domestiques et son château était isolé à plus d'1 km du village de Saint Crespin, hameau situé de l'autre côté de la rivière.

Carrouges y laissa Marguerite pour aller à Paris percevoir la grosse somme que lui devait le trésorier des guerres, Jean le Flament. A cause de ses disputes avec le comte Pierre, il ne pouvait compter sur celui-ci pour faire le lien et il devait se déplacer lui-même à Paris. Il passa cependant à la cour d'Argentan où on fut surpris de le voir encore en vie!!! S'il avait péri à la guerre, le comte Pierre aurait hérité de ses biens car Carrouges était encore sans héritier. Il est avéré que Carrouges y rencontra Le Gris et qu'il lui dit qu'il allait à Paris.

Toujours est-il que Le Gris aurait demandé à un Adam Louvel qui lui servait d'entremetteur avec les femmes et qui vivait dans le hameau de Capomesnil de surveiller les allers et venues de Marguerite...

Dame Nicole fut convoquée à témoigner à un procès à Saint Pierre sur Dives à 10 km et emmena avec elle tous ses gens laissant seule Marguerite dans le château.

Adam Louvel frappa à la porte et demanda à Marguerite, qui le connaissait, de le laisser entrer pour s'abriter du froid. Elle lui ouvrit. Aussitôt, Le Gris suivit, ils parlèrent et puis Le Gris la viola. Adam Louvel ne participa pas mais la maîtrisa. Voilà ce que raconta Marguerite au procès.

Puis, Le Gris lui dit qu'il se tairait et qu'elle avait intérêt à en faire autant car sinon elle serait déshonorée et que son époux risquait même de la tuer de colère, qu'il avait tout prévu et qu'il avait des témoins pour jurer qu'il était ailleurs et il lui jeta même une bourse qu'elle lui renvoya et que Le Gris ramassa.

En France, au Moyen-Age, le viol, selon l'usage romain, était passible de mort par pendaison mais il incombait à la victime de le prouver devant un tribunal et c'était difficile en l'absence de témoins et par ailleurs une femme devait bénéficier de l'appui d'un mari, frère ou tuteur pour porter plainte. Ce qui explique que beaucoup de femmes y renoncèrent.

Marguerite ne dit rien au retour de sa belle-mère et attendit le retour de Jean de Carrouges et elle lui raconta tout. Peut-être avait-elle encore des cicatrices et des bleus sur le corps. Elle demanda à son époux de venger son honneur.

Carrouges convoqua un conseil secret de famille où Marguerite raconta encore tout. Le conseil décida qu'il fallait rapporter l'affaire au comte Pierre.

En plus de ce malheur, Carrouges, malade, inquiet sur ses finances, apprend que Marguerite est enceinte...

Fin janvier 1386, le comte Pierre lança une enquête et une audience eut lieu . Personne n'ignorait que Le Gris était le favori du comte Pierre et il parvint à un "verdict" : Jacques Le Gris était innocent et le comte fit clore le dossier.

Selon la loi, si un vassal n'était pas satisfait du jugement de son seigneur, il pouvait faire appel au seigneur de celui-ci, c'est à dire au roi de France dont le comte Pierre était le vassal. Anticipant cette démarche, le comte Pierre envoya des lettres à Paris informant de son verdict et disculpant Le Gris. D'après les chroniques de Froissart (édition Buchon), le comte Pierre conçu une grande haine envers Carrouges.

Jean de Carrouges se rendit à Paris.

il savait que Le Gris était écuyer au service personnel du roi, participait aux grands conseils d'Etat à Paris, jouissait de la protection du comte Pierre, cousin du roi et que, même si Jean de Carrouges et sa famille servaient depuis longtemps les rois de France, il n'était pas connu à la cour à part par la réputation qu'avait pu lui faire les lettres du comte Pierre.

Il eut alors une requête inhabituelle : un jugement de Dieu

Ce duel judiciaire était une procédure juridique officielle visant à déterminer qui était coupable de parjure. On admettait que l'issue du combat révélait la vérité car était un verdict divin. C'est pourquoi on appelait ce duel judiciaire "judicium Dei' soit jugement de Dieu.

Ce jugement de Dieu n'était plus en usage mais il restait le dernier recours pour tout noble contestant le verdict de son seigneur dans un cas de crime.
C'était la seule voie de justice qui s'ouvrait à Jean de Carrouges. Il n'avait plus vraiment le choix.

le 15 sept 1386, le parlement accepta le gage de bataille entre les 2 parties.

Selon les notes de l'avocat de Le Gris, celui-ci tomba malade.

Ce fut 1 choc pour lui qui pensait l'affaire réglée : il devait à nouveau prouver son innocence et, cette fois, par un combat à mort

Pour Carrouges, le risque était aussi grand car , pour les crimes importants, le parjure méritait la mort

Celui qui, dans le combat, capitulait avant d'être tué, reconnaissait donc son crime et c'était la preuve qu'il avait menti en jurant, il était alors aussitôt pendu à la colline de Montfaucon.

Quant à Marguerite, si son époux était vaincu, le verdict divin prouvait qu'elle s'était rendue coupable de parjure et avait faussement prêté serment en accusant injustement un innocent de viol, elle était alors condamnée à être brûlée vive sur un bûcher



Procédure du jugement de Dieu :

1) l'appel initial : lors d'une cérémonie officielle ne nécessitant pas la présence du défendeur, l'appelant (Carrouges) accusait le défenseur (Le Gris) et exigeait de prouver ses dires par un combat appelé "le gage de bataille"

2) le défi solennel : 2ème cérémonie où l'appelant, accusant de nouveau le défendeur, présent, jetait à terre son gage de bataille (souvent un gant ou un gantelet).

Chaque partie venait à cette 2ème cérémonie accompagnée par un nombre fixe de nobles qui juraient d'obliger les parties à se présenter à chaque convocation du tribunal et sur le champs de bataille si le duel était décidé.

Le Gris s'était aussi entouré de juristes dont son principal avocat, Jean Le Coq.

Le Coq prit des notes sur son journal professionnel, conservé à ce jour, où il a transcrit aussi ses entretiens confidentiels et ses réflexions personnelles sur son client.

Le Coq a d'abord conseillé à Le Gris qui était écuyer mais aussi membre du clergé d'échapper au jugement de Dieu (et donc au duel) en demandant à être jugé par un tribunal ecclésiastique.

Comme il le nota sur son journal, à sa grande surprise, Le Gris "opposa un désaccord catégorique", "refusant de s'aider lui-même". Loyauté vis à vis de Carrouges? Fierté? Courage ou crainte de passer pour un lâche? Le Gris ne se déroba pas alors qu'il aurait pu.

Après que Le Gris ait ramassé le gage de bataille (tombé à ses pieds) et indiqué ainsi qu'il acceptait le combat mortel, le Parlement passait à une 3ème étape:

3) l'enquête ordonnée par le Parlement :

Chacun soumettait un témoignage écrit, restait libre mais ne devait pas quitter Paris :

Les documents officiels du Parlement contiennent un résumé en latin, détaillé et précis, du procès d'une dizaine de pages.

Marguerite, enceinte de 6 mois, fit aussi sa déclaration en tant que témoin principal! Elle fut "questionnée et examinée de manière assidue et répétée" selon le rapport officiel.

Pour sa défense, Le Gris fit remarquer que Marguerite comparaissait au palais de justice, devant le roi et le Parlement, comme son père, Robert de Thibouville, 40 ans plus tôt, convaincu de haute trahison...

Le Gris dit qu'il « n'avait jamais vu ni parlé avec la dame sauf une fois 2 ans auparavant » à la fête de Jean Crespin.

Carrouges expliqua que Le Gris avait été parrain de son fils car c'était un lien sacré, que les 2 hommes s'étaient réconciliés chez Crespin où Le Gris vit pour la 1ère fois son épouse. Il n'évoqua pas les 5 ans pendant lesquels il avait perdu sa 1ère épouse, son fils, son père et les fiefs qu'il convoitait.

Il dit que Le Gris était un libertin notoire décidé à séduire Marguerite dès qu'il l'avait vue. S'appuyant sur le témoignage sous serment de Marguerite (dont il était aussi le défendeur), il relata l'agression et accusa Le Gris de 5 griefs distincts :

- viol

- adultère car c'était un rapport sexuel illicite

- traîtrise car il avait brisé la confiance et l'amitié qui le liait au chevalier

- inceste car il était parrain de son fils

- parjure car il niait devant 2 tribunaux

En réponse, Le Gris rappela alors :

- qu'il était noble, issu d'une famille fidèle au roi de France

- que pour récompenser sa bonne conduite, le comte Pierre l'avait nommé son écuyer personnel

- il raconta toutes les querelles que lui avait cherché Carrouges et l'issue de tous les procès qui lui avait donné raison

- il raconta que Carrouges faisait toujours état à la cour d'Argentan de reproches envers Le Gris

- enfin, il affirma que Carrouges avait maltraité sa 1ère épouse car il était d'une "jalousie démente" et qu'il l'aurait obligée à dire que Le Gris avait couché avec elle ce qu'elle refusa

- puis qu'il n'avait vu Marguerite qu'une seule fois au festin de Crespin, déjà 2 ans, et laissa entendre que Marguerite, ne l'ayant rencontré qu'une fois depuis 2 ans, pouvait s'être trompée sur la personne...

Enfin, il s'expliqua sur son emploi du temps :

le 18 janvier, Nicole de Carrouges s'est rendue à St Pierre sur Dives à seulement 2 lieues de Capomesnil soit 20 km AR et elle était revenue "pour le repas du matin ou peu après" c'est à dire celui pris vers 10h ou midi.

Carrouges ne contredira jamais cela.

Le Gris conclut qu'elle s'était absentée 5 à 6 heures au plus. Or Le Gris remarque que Carrouges affirmait que le viol avait eu lieu "vers l'heure de prime" soit 9h du matin soit 2 h après le départ de Nicole.

Le Gris affirme qu'à son retour, Carrouges, jaloux et violent, avait frappé une servante qui devait rester avec Marguerite mais avait suivi Nicole et qu'il avait aussi frappé Marguerite puis, dès le lendemain, l'avait forcée à accuser Le Gris de l'avoir violée.

Le Gris présenta ses alibis du lundi 15 au samedi 20 janvier :

le jeudi 18 janvier, Le Gris était à la messe du matin à Argentan avec Pierre Taillepie et Pierre Beloleau puis avait déjeuné "publiquement" avec eux au palais d'Argentan et ensuite était resté avec ses 2 amis dans une chambre voisine jusqu'au souper et enfin il avait assisté le comte Pierre avant d'aller se coucher.

Il conclut qu'il lui était impossible de commettre le crime car Argentan était à 9 lieues (entre 39 et 43 km) de Capomesnil par des routes en mauvais état qui nécessitaient au moins une journée entière de voyage en hiver, plus de 4 fois les 2 lieues parcourues par Nicole. Donc, en hiver, l'AR Argentan Capomesnil, environ 80km, prendrait bien une journée entière...

Même si comme le prétendait Carrouges, il avait posté Adam Louvel pour espionner Marguerite et pouvait, sans peine parce qu'il était riche, changer de cheval à tous les relais, il était difficile de croire à 1 AR de 80 km entre Argentan et Capomesnil pendant les 5 ou 6 heures pendant lesquelles Nicole parcourait ses 19 à 20 km d'AR entre Capomesnil et St Pierre sur Dives.

Bien-sûr, Le Gris pouvait avoir menti sur son emploi du temps de la nuit du mercredi lorsqu'il dit avoir dormi à Argentan, et avoir dormi en fait chez Adam Louvel à Capomesnil, avoir violé le 18 janvier Marguerite et regagné Argentan à 40/43 km. Cela était possible.

Le Gris ajouta qu'aucun crime n'avait été commis, que le château n'était pas si isolé jouxtant "10 ou 12 maisons" qui auraient du entendre les cris de Marguerite alors que les habitants n'avaient rien entendu.

Puis il demanda réparation pour "les mots injurieux" de Jean de Carrouges.

En retour, Carrouges contesta l'idée d'une rivalité par jalousie et rappela qu'il portait ses accusations contre Le Gris au péril de ses "propre âme, corps, richesses et honneur". il contesta avoir usé de violence envers ses 2 épouses et il rappela que Le Gris était un homme riche, doté de bons chevaux, et qu'il lui était possible de faire l'AR "en peu de temps".

Concernant la grossesse de Marguerite, au Moyen-Age, il n'y avait pas de doute que Carrouges fut le père car la croyance générale était que "d'après la loi, le viol ne pouvait entraîner de grossesse". Shocked Marguerite et Carrouges étaient-ils réconfortés par cette croyance? Mystère.

Dans cette enquête, le Parlement de Paris convoqua Adam Louvel, le prétendu complice de Le Gris, et ordonna son emprisonnement à la Conciergerie et qu'il fut "mis à la question" c'est à dire torturé, moyen légal de soutirer des aveux.

Le Coq nota aussi qu'Adam Louvel et une servante qu'on disait avoir été ce jour là dans le château de Nicole avaient été soumis à la question.

On ne connaît pas le détail des tortures mais on sait que ni Louvel ni la servante n'avouèrent quoi que ce soit.

Le Coq nota dans son journal comme un point défavorable pour son client que "la femme de Carrouges n'a jamais cessé d'affirmer que l'acte avait été commis" et les témoignages inébranlables de Marguerite, malgré sa grossesse avancée, avaient impressionné l'avocat.

Mais l'avait également troublé le nombre important de chevaliers ayant juré avoir vu Le Gris avec le comte Pierre "pendant tout le jour en question".

Le Coq, malgré son point de vue privilégié, conclut en notant :

"Personne n'a jamais vraiment su la vérité sur cette affaire"

4) Le duel

Il eut lieu a Saint Martin des Champs, 1 monastère de Paris à 1.5km de Notre-Dame, le seul avec Saint Germain des Près à posséder un champ clos.
Clôturé par un mur, entrelacé de bois, à travers lequel on pouvait suivre le combat.

Ce mur haut :
- empêchait les combattants de fuir en plein combat
- évitait au public d'être blessé par la projection d'armes
- évitait l'intervention d'une tierce personne dans le combat
Aux 4 coins du champ clos, il y avait une tour en bois d'où on pouvait aussi suivre le combat et c'est depuis ces tours qu'on pouvait donner à boire et à manger aux combattants.
Il y avait aussi des tribunes pour les spectateurs privilégiés dont le roi.

Dans le champ clos, il y avait 2 plate-formes de part et d'autre pour les 2 adversaires pour se reposer avec un fauteuil, pour prêter serment et un escabeau pour monter à cheval (ils étaient en armure). Le sol ratissé était recouvert de sable empêchant les combattants de glisser et absorbant le sang.

La date fut fixée au 29 décembre et Charles VI avait 18 ans.

Un garçon avait naquit à Marguerite, on pense, entre la fin septembre et début octobre, car la date du duel avait tenu compte du risque à éviter à tout prix d'exécuter une femme enceinte. Ce fils, à peine né, risquait de perdre ses parents si le duel leur était défavorable.
Le 29 décembre, le chevalier et l'écuyer se levèrent chacun chez soi, prirent un bain, allèrent à la messe avant de rompre le jeûne depuis la veille. Chacun avait son cheval également équipé d'une sorte d'armure.

Chaque combattant était muni :
- d'une lance (utilisée à cheval)
- de 2 épées (une plus lourde à tenir des 2 mains et l'autre plus courte à tenir d'une seule main)
- d'un écu aux armes de leur famille (= 1 bouclier)
- d'une hâche
- d'un poignard
- de fourrage pour leur cheval au cas où le duel ne serait pas réglé avant la nuit et où il faudrait continuer le lendemain
- d'une bourse pour payer l'usage du champ clos

L'appelant, le premier arrivait, puis la dame de Carrouges enfin Jacques Le Gris et chaque combattant s'arrête devant son pavillon.
L'appelant, d'une voix sonore, présente la nature de sa cause et de même pour le demandeur.
Pour ce faire chacun prend à témoin « Notre Seigneur, Notre Dame et Monseigneur Saint Georges ».

C'est le 1er parjure possible.

Puis les armes sont examinées, et le silence est requis car le duel du Jugement de Dieu n'était pas un divertissement bruyant.
Le Gris est fait alors chevalier sur le champ clos pour que les 2 combattants soient égaux.
Jacques Le Gris était un combattant moins aguerri que Carrouges mais plus grand et plus fort que son accusateur.

Après avoir écouté les règles, chaque combattant prêtait 3 serments :

- des prêtres transportaient un autel et ses objets sacrés au centre du champ et chacun à son tour jure sur "Notre Seigneur Dieu Jésus Christ", sur la Bible et sur sa foi que sa cause est juste et Le Gris affirmera son innocence de la même façon

- puis, face à face, de nouveau à genoux, ils jurent que leur cause est juste, qu'il disent la vérité au péril de leur âme et qu'ils renoncent au Ciel pour l'Enfer s'ils se parjurent puis d'embrasser chacun le crucifix

- enfin, côte à côte, la main droite tenant chacun un crucifix et se tenant les 2 par la main gauche jurent que leur cause est juste et embrassent de nouveau le crucifix

L'un des prêtres rappelle que l'issue du combat, en tant que sentence de Dieu, décidera de la perte de l'âme et du corps de celui qui a tort.

A son tour, Marguerite prête serment en tant que témoin principal. Elle sait que le bûcher est prêt et l'attend si son époux perd.

On remarquera que cette procédure ne cesse de multiplier les risques de se parjurer. A ce titre, elle se devait d’être dissuasive.

Puis les prêtres retirèrent du champ clos l'autel et ses objets sacrés et le 1er combat, est à cheval, débuta.

Comme il ne s'agissait pas d'une joute "sportive", il n'y avait aucune barrière au centre du champ pour guider les combattants et éviter une collision entre les chevaux.Ils se reposèrent avant la 3ème joute et réutilisèrent la lance, puis la hache à cheval et le bouclier.

Le Gris tua sans le vouloir le cheval de Carrouges qui se dégagea. Comme Le Gris le chargeait à cheval, Carrouges tua, d'un coup de hache dans le ventre, le cheval de Le Gris.
Au sol, à l'épée, Le Gris blessa à la jambe Carrouges et crut son coup mortel et retira donc sa lame de la cuisse de son adversaire qui profita pour le saisir par le sommet de son casque et le renverser à terre... avec son armure. Carrouges tenta de transpercer l'armure de son adversaire avec son épée usant ses forces alors qu'il perdait son sang à la cuisse.

Il ouvrit la visière de Le Gris, armé de sa dague (le poignard) et hurla :

"Avoue"

Le Gris, pourtant épuisé, cria :

" Sur Dieu et sur le péril de la damnation de mon âme, je suis innocent de ce crime"

- "Alors sois damné" et Carrouges le tua de sa dague en l'enfonçant sur la mâchoire jusqu'à la gorge

Puis, épuisé par son hémorragie, face à la tribune royale, il cria :

"Ai-je fait mon devoir?"

Le jugement de Dieu ayant été rendu, la foule confirma.

On ouvrit le champ clos et Carrouges vint s'agenouiller devant le roi qui le fit se relever, lui fit donner 1 000 francs et 200 livres de pension par an à vie.

Marguerite, relâchée par les gardes, les 2 époux s'étreignirent devant la foule et allèrent en procession à Notre-Dame faire leur offrande car le vainqueur de cette sorte de duel offrait une partie de son butin c'est à dire l'armure de son adversaire.

Le cadavre de Le Gris, dépouillé de son armure, fut traîné hors du champ clos, les pieds en avant, livré au bourreau qui le jeta sur un charriot et l'emmena hors les murs jusqu'à Montfaucon. (Si Le Gris avait gagné, le bourreau se serait chargé de brûler Marguerite).

Montfaucon, dans les années 1380, était une sorte de ville des morts pour meurtriers, voleurs et autres criminels. C'était une colline surmontée d'un gibet de pierre haut de 12 mètres où on pouvait pendre jusqu'à 80 corps à la fois!

Les corps des vaincus au jugement de Dieu étaient aussi pendus avec "la foule de squelettes qui se balançaient en l'air, au son lugubre de leurs chaînes dont le cliquetis se faisait entendre à chaque rafale de vent"

Cette colline était infestée de corbeaux, pies, autres bestioles et charognards qui trouvaient nourriture à foison dans les corps en décomposition.

Un haut mur de pierres avec une porte de fer empêchait parents et amis d'emporter le corps pour un enterrement chrétien et les médecins de les voler pour les disséquer. Puis, les squelettes sans aucune chair étaient jetés dans une fosse commune.

En plus de sa pension royale et sa nomination au poste de chambellan royal, Carrouges reçu du Parlement de Paris 6 000 livres d'or pour le dédommager des dépenses et blessures causées par le duel.

Quelques années après le duel, Carrouges devint un des chevaliers personnels du roi puis il fut nommé chevalier d'honneur. Il faisait partie de la suite du roi et fut témoin de la première crise de démence de Charles VI.
Jean de Carrouges participa à la croisade en 1396 contre le sultan Bajazet qui assiégeait Constantinople. Il mourut à Nicopolis en combattant les turcs au cours de qu'on appellerait la dernière croisade.

Marguerite et son fils de 9 ans se retrouvèrent seuls mais complètement à l'abri du besoin.

Le duel qui avait mis fin à la querelle ne mit pas de termes aux rumeurs.

Deux chroniques signalent que, quelques années après le duel :
- un homme s'est déclaré coupable du viol
- un condamné à mort sur le point d'être exécuté pour un autre crime s'est aussi déclaré coupable du viol
- un malade avant de mourir avoua le viol
mais aucune de ces deux chroniques ne donnent de détails à exploiter et donc sont invérifiables.

Un contrat en date du 15 mars 1396 indique que les moines de l'abbaye Saint Martin de Sées, près d'Argentan, ont reçu 200 francs d'or de Guillaume Le Gris, le fils de Jacques Le Gris pour des messes perpétuelles pour l'âme de son père.
Le Gris était mort sans avouer le crime et avait même clamé son innocence sur son âme avant de mourir. Aussi beaucoup de gens dont sa famille et Guillaume étaient convaincus de son innocence et ces messes étaient un signe de protestation contre l'injustice de ce verdict.

Cinq siècles durant, les descendants de Le Gris dénoncèrent ce jugement de Dieu comme une erreur judiciaire.

Ce jugement de Dieu fut le dernier autorisé en France. Il y eu bien des demandes de procès par combat soumises au Parlement de Paris mais aucune ne put déboucher sur un duel de Jugement de Dieu et plus aucun duel n'opposa des nobles en mettant en jeu le salut de leur âme immortelle.


Comment fabrique t-on une légende? :

Jean Froissard, le chroniqueur qui écrivit vers 1390 affirme que le roi et la foule se réjouirent de l'issue du duel mais l'avocat de Le Gris affirme que les avis étaient très partagés.
La chronique de Saint Denis, compilation en latin datant de 10 à 15 ans après le duel, affirme que Marguerite avait eu tort mais avait été de bonne foi et qu'un criminel avait avoué le crime par la suite.
Autour de 1430, Jean Juvenal des Ursins répéta ce récit dans sa chronique française en mettant en scène, à la place du criminel, un mourant sur son lit.

La légende de l'accusation fausse, du châtiment injuste et de la révélation tardive eut la vie dure.

Marguerite avait juré avoir vu Le Gris et Adam Louvel en pleine lumière, parlé un certain temps avec eux avant d'être attaquée. Mais surtout Marguerite avait mis en cause deux hommes ce qui rend invraisemblable la confession tardive d'un seul coupable. De plus, l'hypothèse du mensonge de Marguerite, avec ou sans la contrainte de Carrouges, se heurte à l'inclusion d'Adam Louvel dans l'accusation. C'était ajouter un risque supplémentaire, une histoire plus compliquée.

Cette idée que Marguerite aurait accusé de bonne foi un innocent pour s'apercevoir ensuite de son erreur est un mythe construit par une société chevaleresque troublée par les doutes jamais ôtés sur la culpabilité ou l'innocence des trois acteurs.

Et cette légende qui innocente tout le monde survécut :
Elle est mentionnée dans l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (1767) où il est dit que Le Gris fut condamné à tort et un criminel découvert ensuite.
De la même façon, elle est citée par Voltaire. Embarassed
Louis Du Bois, en 1824, dans son récit de l'histoire normande, répète la légende en précisant que Marguerite avait confondu un homme très ressemblant avec Le Gris et qu'elle se fit ensuite religieuse par désespoir.
En 1848, Auguste Le Prevost publie une histoire de Saint Martin du Tilleul ayant appartenu au père de Marguerite. Lui, affirme que Marguerite disait juste, que Le Gris était coupable et il constate que depuis le Moyen-Age, sa culpabilité a été souvent remise en cause car la cour du roi Charles VI était favorable à Le Gris, hostile à Marguerite et il déplore que les historiens contemporains suivent cette pente en rappelant que l'indignation d'une femme avait peu de poids dans cette cour du Moyen-Age et qu'avait été rappelée par Le Gris la traîtrise du père de Marguerite, Robert de Thibouville. Le Prevost rappelle alors les notes de Jean le Coq : "après avoir exposé avec une grande loyauté les arguments dans les 2 sens, c'est contre son client qu'il fait pencher la balance".

A l'inverse,vers 1890, F. Le Grix White, qui se disait descendant de Le Gris, conteste certains détails de la chronique de Froissart mais croit dans les aveux d'un autre homme.

Malgré l'insistance d'Auguste Le Prevost qui incite à relire les sources premières, la 11ème édition de l'Encyclopedia Britannica (1910) transforme le récit comme un duel ayant fait perdre toute foi dans le Jugement de Dieu : un certain Legris accusé par la femme de Carrouges de s'être introduit chez elle, en se faisant passer pour son mari dont elle attendait le retour des croisades, la viola. Le Parlement de Paris ordonna un duel où Le Gris vaincu fut pendu puis, peu après, un criminel accusé pour un autre crime, avoua être l'auteur du viol et la décision fut annulée par le Parlement. (!!!)

Dans les années 1970, la même Encyclopedia Britannica relate le même récit mais en précisant que Marguerite fut "séduite".
Finalement, ce récit disparaît de la 15ème édition de l'Encyclopedia Britannica mais sans aucun rectificatif.

ALORS QUELLE EST LA VERITE?

Concernant la pratique du Jugement de Dieu, Martin Monestier, dans son livre "Duels : les combats singuliers", écrit :
"La procédure du Jugement de Dieu ne laisse rien au hasard, si ce n'est, bien-sûr, l'issue du combat".

Au passage, on remarque que Martin Monestier s'était renseigné sur les procédures du jugement de Dieu et n'ignorait pas qu'il y avait un procès préalablement. Dommage qu'il ne soit pas allé jusqu'à consulter les "minutes du procès" et les notes de Jean Le Coq. Il aurait eu un bon "scoop" sur l'histoire des duels en France.
En effet, avec la légende, sont oubliés le procès, l'enquête du Parlement, les témoignages écrits, la mise en cause d'un complice, Adam Louvel au profit d'un récit qui ne nous laisse aucune incertitude.
Et pourtant, même si les notes de Jean Le Coq balancent un moment contre son client, il conclura :
"Personne n'a jamais vraiment su la vérité sur cette affaire"
Et depuis, les recherches d'Eric Jager nous renvoie aux mêmes interrogations et doutes des contemporains du dernier Jugement de Dieu.
Qu'en pensez-vous? Quel était d'après vous le coupable?

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Message par Alexandra De La Marck le Jeu 26 Fév - 19:25

je n'ai lu que la première version. Je dis que le coupable c'est celui qui est mort, la dame a reconnu son violeur, elle n'aurait pas été sûre, elle n'aurait pas dénoncé!
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Message par Invité le Jeu 26 Fév - 19:29

Pourtant la 2ème version pourrait te faire beaucoup douter.
Je sais qu'elle est longue mais il y a beaucoup d'hypothèses et c'est passionnant.

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Message par Invité le Jeu 26 Fév - 21:23

J'ai maintenant très envie d'aller visiter ce coin de Normandie : visiter le palais d'Argentan où Jean de Carrouges et Jacques Le Gris étaient reçus, voir Capomesnil qui est aujourd'hui un paisible hameau normand sans trace du vieux château de Nicole de Carrouges, la mère de Jean. Et puis j'ai beaucoup de sympathie pour Marguerite.

Eric Jager dit que le village de Saint Crespin existe toujours et que pour y aller, il faut prendre la D16 depuis Saint Pierre sur Dives.
Une idée d'escapade pour le retour des beaux jours... Very Happy

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